Atlantic Dialogues: restructurer l’espace atlantique

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Les travaux des Atlantic Dialogues ont été officiellement ouverts, jeudi 13 décembre 2018 dans l’après midi, en présence de personnalités marocaines et internationales de haut rang.

Le mot de l’ouverture a été prononcé par Karim Al Aynaoui, directeur de Policy Center for the New South, organisateur de l’évènement, qui a rappelé l’objet et la mission de ce think thank. «Le mot Atlantic renvoie souvent à l’Amérique du Nord et l’Europe. Nous avons décidé de notre côté de parler du sud, de l’Afrique notamment, pour créer un espace où le nord et le sud se rencontrent. Nous voulons parler d’un sud décomplexé, le voir avec notre propre regard, partant de la conviction que le dialogue n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui», a-t-il précisé.

Restructurer l’espace atlantique

Mohcine Jazouli, ministre délégué  chargé de la Coopération africaine, à axé son intervention sur la nécessité de restructurer l’espace atlantique pour plus d’équilibre entre le nord et le sud. «Historiquement, cet espace géopolitique était construit autour d’un centre de gravité situé au Nord, alors que le Sud ne fut pas un acteur majeur ni une force de proposition efficace», a noté le ministre plaidant pour un rôle plus important pour l’Afrique. «L’Afrique est un continent qui connait des avancées majeures et des transformations structurelles en termes de bonne gouvernance et de démocratisation. Les économies qui affichent les taux de croissance les plus rapides dans le monde sont africaines», a-t-il rappelé.

Populisme et mondialisation 

Le débat d’introduction a été consacré à des sujets d’actualité brûlantes à savoir, le populisme politique à travers le monde et le ressentiment contre la globalisation.  Mise en cause par la montée du populisme, la mondialisation a été au centre du débat. Pour Madeleine Albright, «la mondialisation est une arme à double tranchant, qu’on ne peut pas identifier clairement ni arriver à cerner ses facettes», notant que ce débat doit être élargi aux entreprises publiques et privées mais aussi aux ONG.   «Ces acteurs, surtout les entreprises, sont les principaux drivers de la mondialisation, une force irréversible qui malheureusement divise les nations et risque parfois de dégénérer en des tensions», à-t-elle précisé. Albrigh a également partagé son sentiment d’inquiétude par rapport à la politique étrangère de Donald Trump et du retrait des Etats Unis des débats qui agitent le monde. Une analyse partagée par l’ancien Président du Cap Vert qui a tenu à rappeler que si beaucoup de pays ont tiré profit de la mondialisation, l’Afrique en a été la grande perdante.

Nord-Sud, des tendances démographiques contrastées

Deuxième débat de cette première journée des Atlantic Dialogues, celui lié aux tendances démographiques contrastées entre le Nord et le Sud, avec une question de fond : Comment l’Afrique peut-elle réaliser son dividende démographique. Une question qui part du constat du vieillissement de la population des pays du Nord face à l’explosion démographique du continent africain, dont la population va doubler d’ici 2050, pour atteindre les 2 milliards d’habitants. Sur cette question, les intervenants ont été partagés entre ceux qui ont estimé que les économies africaines ne grandissent pas assez vite pour absorber les besoins de la population et ceux, qui pensent qu’il est temps d’investir dans l’éducation, les infrastructures, l’agriculture, pour se préparer à ce boom démographique porteur de nombreuses opportunités sociales et économiques.

Ce contraste entre les évolutions démographiques entre le Nord et le Sud a soulevé l’épineuse question de la migration, appelé à s’accélérer au vu des déficits du continent. Pour  l’envoyée spécial de l’UA, la démographie n’est pas une fatalité, puisqu’elle peut être jugulée par des mécanismes de régulation des naissances. «Nous pouvons nous inspirer dans ce cadre de l’expérience marocaine qui a réussit à réduire en peu de temps le taux de fécondité de sa population pour s’approcher des niveaux européens», à-t-elle proposé.

L’OMC face à la montée du protectionnisme

Le dernier panel de la journée du jeudi 13 décembre 2018, a été consacré au commerce transatlantique menacé de plus en plus par la montée du protectionnisme et des guerres commerciales notamment entre les deux plus grandes puissances économiques du monde, les Etats Unis et la Chine. La remise en cause des accords de libre échange par les USA et le rétablissement des barrières douanières et tarifaires constitue désormais une menace sur la survie de l’OMC et tout un système mondial bâti à Marrakech en 1994 à l’occasion des accords du GATT. Ce qui appelle selon les intervenants à une réforme urgente de l’OMC et une redéfinition de son action, notamment dans la gestion des conflits entre Etats.

Quelle place pour le commerce intra-africain?

La question du commerce intra-africain a été également posée avec un constat édifiant. L’Afrique est le continent où le commerce intra pays est le moins développé : 15% pour l’Afrique, contre 68% en Europe et 48% en Asie. En cause, les barrières douanières que s’imposent les Etats africains rendant pour un entrepreneur africain l’acte d’exporter plus facile pour l’Europe ou aux Etats Unis qu’au sein du continent, ont conclu les intervenants.

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