La candidate démocrate portée par une vague incontestable de popularité se trouve maintenant dans l’obligation de s’exprimer sur le concret au delà du rejet de Trump.
Accompagnée de Tim Walz, son colistier et donc futur vice-Président en cas de victoire le 5 novembre 2024 contre Donald Trump, Kamala Harris a ainsi été poussée à s’exprimer en longueur sur plusieurs sujets centraux de cette campagne présidentielle, ce dont elle a profité pour glisser quelques tacles à son rival républicain.
Souvent critiquée pour son manque d’expérience ou de connaissance sur les sujets internationaux, Kamala Harris a notamment abordé la question sensible du soutien américain à Israël dans sa guerre à Gaza. En l’occurrence, elle a réitéré son soutien au droit d’Israël «à se défendre» et a répondu «non» à la question de savoir si, présidente, elle suspendrait les livraisons américaines d’armes à Israël. Cela alors que la guerre se poursuit entre Israël et Palestiniens depuis près de onze mois.
Toutefois, la démocrate a aussi déclaré que «beaucoup trop de Palestiniens innocents avaient été tués» et a appelé à «un cessez-le-feu», restant sur ce point assez proche de la ligne défendue depuis le 7 octobre par Joe Biden. Un positionnement sans grand effet jusqu’à présent, malgré les efforts déployés par la démocratie américaine.
Encore plus sensible au niveau national, le thème de l’immigration s’est également invité dans les échanges avec la journaliste Dana Bash. Un sujet sur lequel Kamala Harris est particulièrement attaquée par Donald Trump, et sur lequel la démocrate de 59 ans a assuré qu’il devait y avoir des «conséquences» pour les personnes entrant de manière illégale sur le territoire américain.
Née d’un père jamaïcain et d’une mère indienne, Kamala Harris a par ailleurs refusé de répondre à une question sur une autre attaque de Donald Trump, qui l’accusait cette fois d’être «devenue noire» pour des raisons électoralistes, à savoir pour rallier les voix de certains pans de la population. Ce à quoi elle a répondu qu’il s’agissait de «la même vieille rengaine», avant d’ajouter: «Question suivante, s’il vous plaît» Mais la question c’est sûr reviendra, on peut faire confiance à Trump.
D’ailleurs, l’ancien Président américain en a pris pour son grade sur CNN, lorsque Kamala Harris a jugé que l’Amérique était «prête à tourner la page» Trump, qui lui sera opposé, quatre ans après avoir été battu par Joe Biden. Avant de marquer son désir de réconciliation politique en affirmant qu’il «serait une bonne chose pour les Américains qu’il y ait un ministre républicain dans (son) gouvernement», si elle remporte l’élection de novembre. Ce qui est loin d’être certain bien sûr.
Patrice Zehr















































