Environ un tiers des transferts de fonds des MRE proviennent de la France (Responsable)

Environ un tiers des transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE) proviennent de la France, représentant près de 3,3 milliards d’euros par an, a indiqué, jeudi 11 juin 2026 à Rabat, Charles Thépault, chef de mission adjoint de l’ambassade de France au Maroc.

« La France et le Maroc entretiennent des liens humains, sociaux et économiques exceptionnels, qui s’illustrent notamment par l’un des plus importants volumes de transferts de fonds de la région. La France est le premier pays d’origine des transferts vers le Maroc, représentant environ 31% des flux totaux reçus par le pays, soit plus de 3,3 milliards d’euros par an », a souligné M. Thépault, qui intervenait lors d’une rencontre organisée à l’occasion de la Journée internationale des envois de fonds à la famille (IDFR).

Ces flux financiers illustrent la force du tissu social franco-marocain et constituent aussi une expression forte de la solidarité au sein des familles franco-marocaines, a-t-il relevé, notant qu’ils contribuent directement à la résilience des ménages, à l’inclusion économique et au développement local.

« La France estime que le dialogue bilatéral et multilatéral en la matière est essentiel pour penser ces flux comme des outils d’investissement solidaire, renforcer l’impact des transferts de fonds sur le développement et en particulier promouvoir les opportunités offertes aux femmes et aux jeunes dans les territoires ruraux », a-t-il affirmé.

De son côté, le chef adjoint de la délégation de l’Union européenne (UE) au Maroc, Daniele Dotto, a rappelé que les transferts de fonds représentent une réalité économique mondiale majeure, mobilisant près d’un milliard de personnes et générant environ 600 milliards d’euros à l’échelle internationale.

Au Maroc, a-t-il poursuivi, les quelque cinq millions de Marocains résidant à l’étranger contribuent de manière significative à l’économie nationale à travers des transferts annuels avoisinant les 120 milliards de dirhams.

« Au-delà de leur dimension économique, ces transferts revêtent également une dimension humaine importante, permettant notamment de soutenir les familles, de financer l’éducation des enfants et de développer des activités génératrices de revenus », a-t-il dit.

M. Dotto a indiqué que l’UE travaille, aux côtés des autorités marocaines, de Bank Al-Maghrib (BAM), du FIDA et d’autres partenaires, à simplifier les transferts de fonds et à en réduire les coûts, en particulier pour les populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les habitants du monde rural.

L’objectif est de permettre une meilleure mobilisation de ces ressources au service du développement rural et économique, a-t-il expliqué.

« L’UE est fière de coopérer avec le Maroc et ses partenaires institutionnels pour la promotion de solutions innovantes et inclusives visant à renforcer l’impact positif des transferts de fonds des MRE sur le développement local, l’autonomisation des femmes et les opportunités offertes aux jeunes, à travers le programme DigitRemit actuellement en cours », a-t-il souligné, notant que le renforcement de l’inclusion financière numérique et la promotion d’opportunités économiques inclusives demeurent au cœur du partenariat entre l’Union et le Maroc.

Pour sa part, Meryem Azaiz Alaoui, chargée de la Facilité de financement pour les envois de fonds au Fonds international de développement agricole (FIDA) au Maroc, a souligné que la célébration de la Journée internationale des envois de fonds à la famille, sous le thème de la résilience rurale, de l’entrepreneuriat et de l’emploi, vise à mettre en lumière le rôle des Marocains résidant à l’étranger et leur contribution au soutien des familles ainsi qu’au développement économique du Royaume.

Rappelant que les transferts de fonds ont atteint 120 milliards de dirhams en 2025, elle a estimé que ces ressources constituent un appui direct aux ménages, tout en participant au développement économique local et national.

Mme Azaiz Alaoui a également fait savoir que les transferts de fonds, bien qu’essentiels, ne constituent pas une finalité en soi.

Selon elle, leur impact peut être considérablement renforcé lorsqu’ils sont associés à des mécanismes d’inclusion financière, à la digitalisation et à l’investissement productif, favorisant ainsi un développement économique durable, notamment dans les zones rurales.

Cette rencontre a été organisée par le FIDA, en collaboration avec l’ambassade de France au Maroc, BAM, le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, ainsi que la délégation de l’UE au Maroc.

Célébrée chaque année le 16 juin à travers le monde, la Journée internationale des envois de fonds à la famille a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies afin de reconnaître la contribution des travailleurs migrants et des communautés de la diaspora au développement durable.

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