CGEM-OIT: Du nouveau dans la lutte contre le travail des enfants

La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), en collaboration avec l’Organisation Internationale du Travail (OIT), a organisé une cérémonie virtuelle de lancement de l’Initiative du secteur privé marocain pour la lutte contre le travail des enfants, baptisée « Iltesam ».

S’exprimant à cette occasion, le président de la CGEM, Chakib Alj, a indiqué que «Iltesam est l’équivalent arabe du mot engagement. Et l’événement que nous tenons aujourd’hui vient confirmer la mobilisation et la détermination de la CGEM et de ses partenaires pour combattre ce fléau qui engendre plusieurs problématiques économiques et sociales». «Bien que le travail des enfants ait diminué significativement ces dernières années, il continue à constituer un «enjeu majeur» de développement perpétuant le cercle vicieux de l’analphabétisme, de la pauvreté et de la précarité», a dit Chakib Alj.

Tout le monde doit s’impliquer

Et de souligner que «le secteur privé marocain, de par sa mission de créateur d’emplois pérennes, est fortement engagé dans les initiatives de lutte contre le travail des enfants lancées par notre pays. Ces actions de sensibilisation notamment, se poursuivent aujourd’hui avec l’adoption de nouvelles approches». «L’adhésion de tous, Gouvernement, secteur privé, institutions internationales et ONG, est indispensable pour combattre ce phénomène qui compromet l’avenir des enfants et donc celui de nos sociétés et leur prospérité», a-t-il ajouté.

De son côté, la directrice du Bureau de l’OIT pour le Maroc, la Tunisie, la Libye, l’Algérie et la Mauritanie, Rania Bikhazi, a souligné que durant les deux derniers décennies, le Maroc a fourni des efforts considérables pour lutter contre le travail des enfants, notant que ceci a permis d’atteindre des résultats remarquables pour les enfants de moins de 15 ans. «D’après l’enquête nationale sur l’Emploi de 2019 au Maroc, 34.000 enfants de moins de 15 ans travaillent toujours, contre 517.000 en 1999. Cependant, l’effectif des enfants qui abandonnent annuellement l’enseignement obligatoire reste toujours élevé et la situation est encore préoccupante, principalement pour les enfants âgés de plus de 15 ans», a-t-elle fait observer. Elle a tenu à saluer, par la même occasion, l’effort continu de la CGEM dans la lutte contre le travail des enfants. «Iltesam est une initiative pionnière menée par la CGEM qui renforcera l’engagement du secteur privé pour contribuer à l’éradication du travail des enfants au Maroc, particulièrement dans les travaux dangereux», a-t-elle dit.

Pour le président de la Commission sociale de la CGEM, Hicham Zouanat, les efforts déployés dans la lutte contre le travail des enfants au Maroc sont remarquables, avec une diminution de 92% du nombre d’enfants qui travaillent allant de 517.000 en 1999 à 42.000 en 2018. Cependant, ce sujet demeure toujours d’une importance particulière dans un contexte socio-économique, lié la crise sanitaire de la Covid-19, qui est un phénomène amplificateur des inégalités sociales.

Dans cette perspective, la CGEM a créé la plate-forme «Iltesam» qui vise à accompagner concrètement les entreprises marocaines dans la réussite de leur action de lutte contre le travail des enfants, en mettant à leur disposition toute l’information nécessaire, des kits de sensibilisation et des formations en ligne. Et d’ajouter que «Iltesam» favorise également l’échange interentreprises et le partage de best practices et donne aux entreprises l’opportunité de contribuer à l’atteinte de la cible 8.7 des objectifs de développement durable des Nations unies (ODD) qui appellent les pays à prendre des mesures immédiates et efficaces pour mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes d’ici 2025.

Tenue le 27 avril 2021, dans le cadre de la célébration de l’Année internationale pour l’élimination du travail des enfants, la rencontre CGEM-OIT, a connu la participation du directeur adjoint de l’Organisation internationale des employeurs (OIE), Matthias Thorns et elle a réuni des experts de la question du travail des enfants issus de plus de 25 pays.

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