Rentrée scolaire : L’ODT dénonce un manque d’écoles et d’enseignants

Ali Lotfi, SG de l'ODT
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Ce n’est peut-être pas le syndicat que l’on entend généralement lors des rentrées scolaires. Mais l’organisation démocratique du travail (ODT) a voulu marquer le retour vers les établissements scolaires de septembre 2022 d’une pierre blanche. Ou plutôt noire.

L’ODT en colère veut profiter de la rentrée scolaire pour se faire entendre. Pour cette organisation, la rentrée se fait dans des conditions particulièrement difficiles, entre manque de personnels et d’écoles.

Dans un communiqué rendu public lundi 12 septembre, le SG de l’ODT, Ali Lotfi hausse le ton et raconte une rentrée marquée par les conséquences de «la casse des services publics». « Le Système d’enseignement primaire et universitaire continue de souffrir des cumuls négatifs et de grands déséquilibres qui rendent très difficile la réalisation d’ «une école de qualité pour tous», résume le SG, Ali Lotfi.

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L’absence d’une vision éducative et stratégique claire, l’accumulation des problèmes sans que des solutions efficaces ne soient trouvées et la mauvaise gouvernance sont, entre autres, les raisons de cette situation, estime-t-il. Conséquences de ces déséquilibres et problèmes, poursuit-il, «un manque d’écoles et de salles et une faible couverture dans les zones rurales, un faible budget alloué à l’enseignement fondamental et universitaire pour l’année scolaire en cours, un manque d’enseignement,…etc.».

Ali Lotfi déplore aussi la détérioration des conditions de vie de beaucoup d’entre ces enseignants. «Ce sont ces enseignants à qui on a imposé  la contractualisation», se désole le SG dans le communiqué parvenu à la rédaction. Un groupe important d’entre eux vit actuellement dans une précarité professionnelle et psychologique, assure Ali Lotfi, qui estime leur nombre à 120.000 enseignants et professeurs, soit environ 50% du personnel enseignant.

La hausse des prix des manuels scolaires et des frais d’inscription dans le privé est un phénomène qui se reproduit chaque année à défaut d’un encadrement strict par le département de tutelle. Selon le SG de l’organisation, les prix des manuels scolaires ont connu cette année une hausse entre 35 et 200%. Il pointe, par ailleurs, des manuels scolaires dont l’enjeu est de pousser les élèves dès l’enfance à la mémorisation des informations, loin d’une éducation basée sur la culture d’analyse et l’esprit critique.

La même source révèle encore plus l’ampleur de la catastrophe: La semaine de rentrée des classes a été placée sous le signe de la colère des travailleurs de l’éducation confrontés à des besoins énormes, aux classes surchargées et un manque de profs,…etc., soutient l’organisation. Dans les détails, celle-ci signale que plusieurs établissements vivent une situation encore plus dramatique avec «une pénurie» d’enseignants dans plusieurs «niveaux», dont celui du baccalauréat. Sans compter le phénomène de surpopulation estimé à 35 voire 40 élèves par classe, en plus du phénomène de plusieurs niveaux dans une même classe, ce qui ne permet pas aux travailleurs de l’éducation d’assurer leur mission éducative et pédagogique, prévient le SG de l’organisation.

Après deux semaines de rentrée des classes, le bilan à tirer serait d’ores et déjà celui d’une grande inquiétude dans le milieu des enseignants. «La situation est préoccupante. Elle a été confirmée par plusieurs rapports nationaux et internationaux. Malheureusement, pour cette rentrée scolaire et universitaire, on ne voit toujours pas venir ce qui a été recommandé, depuis deux ans, dans le cadre du nouveau modèle de développement», déplore le SG.

Si partout au Maroc des enseignants contractuels s’étaient mobilisés ces dernières années pour réclamer de meilleures conditions de travail dans leurs établissements, leurs revendications restent aujourd’hui encore oubliées, selon les dires du SG de l’ODT. Une limite fondamentale alors que la situation de l’éducation exige un «plan de bataille» à la hauteur de la crise que traverse le secteur de l’enseignement.

N. Cherii

 

 

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