Il est bien loin le temps où les responsables algériens parvenaient difficilement à réprimer une joie goguenarde devant le départ en 2022 des soldats français déployés au Mali dans le cadre de l’opération «Barkhane».
Dix-huit mois plus tard, l’humeur a radicalement changé à Alger où l’on s’alarme désormais ostensiblement de la tournure prise par le «néo-souverainisme» de la junte au pouvoir à Bamako.
Le compromis, destiné à mettre fin à la rébellion dans la région septentrionale du Mali, était une grande fierté de l’Algérie, l’emblème de son aptitude à imposer des médiations régionales. Son «soft power» diplomatique, qui se faisait alors sentir dans toute la sous-région, y avait trouvé un puissant aliment. Or, cet «accord d’Alger», ainsi qu’il a été baptisé, est aujourd’hui enterré par Bamako, qui n’avait auparavant cessé de le dénoncer comme trop favorable aux groupes rebelles.
La junte militaire malienne bénéficie du soutien militaire et logistique de la Russie -ainsi que de l’appui de la Turquie- ce qui aggrave le conflit entre Moscou et Alger, qui cherche à renforcer son rôle au sein du Conseil de sécurité afin de protéger ses intérêts dans le conflit au nord du Mali.
Dans ce sens, le représentant de l’Algérie auprès des Nations Unies, Ammar Benjameh, a souligné que la région fait face à «de nouveaux défis qui menacent la stabilité des pays», soulignant à cet égard «que la présence de certaines armées privées opérant en dehors de la sphère de responsabilité internationale conduit à une détérioration de la sécurité régionale». Les propos du représentant algérien à l’ONU reflètent son rejet du rôle de Wagner dans la région, notamment son soutien aux armées du Mali et du Niger, ainsi que sa contribution aux coups d’Etat militaires perpétrés ces dernières années et qui ont accru l’instabilité régionale.
Outre les combats dans le nord du Mali, les mouvements militaires du maréchal libyen Khalifa Haftar près de la frontière algérienne ont également créé des tensions entre l’Algérie et la Russie, alliée du chef militaire libyen. Depuis le sommet des BRICS en Afrique du Sud, auquel l’Algérie n’a pas participé, les relations entre l’Algérie et la Russie connaissent une tension sans précédent malgré l’accord de partenariat stratégique signé lors de la visite du Président algérien Abdelmadjid Tebboune à Moscou.















































