Tout comme l’avait fait le Président allemand Frank-Walter Steinmeier, début janvier dernier (2022), au nom de son pays, le Président du Gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a adressé un message à SM Mohammed VI, vendredi 18 mars, faisant savoir qu’il «reconnaît l’importance de la question du Sahara pour le Maroc» et que «l’Espagne considère l’initiative marocaine d’autonomie, présentée en 2007, comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend».

Une initiative que le Maroc a accueillie avec toute l’attention et les égards qu’elle mérite, y répondant immédiatement par des décisions à la hauteur de l’importance reconnue à cette initiative. Notamment le retour sur le champ à Madrid, pour y reprendre ses fonctions, de l’ambassadeur du Maroc Karima Beniaïch qui avait été rappelée à Rabat 10 mois plus tôt ; et la disposition à accueillir le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, le 1er avril prochain et le chef du Gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, à une date ultérieure. 

Le Maroc, avec la stratégie clairvoyante de son Roi et l’Espagne, avec l’approche-realpolitik de son chef de Gouvernement, sortent gagnants d’une année de crise à la solution de laquelle les deux pays voisins ont consacré plusieurs mois de dialogue discret mais résolu.

Et qui donc se retrouve au bout du compte Gros-Jean comme devant ?

Qui est le grand perdant de ce tournant stratégique que connaissent les relations du Maroc avec son voisin ibérique ? 

Qui, pendant des années, a exercé sur l’Espagne un chantage au gaz, sa seule arme qu’il voulait infaillible et perpétuelle, jusqu’au jour où il s’est tiré une balle dans le pied en se retirant -de sa propre initiative- du Gazoduc Maghreb-Europe ? 

Qui, un demi-siècle durant, a dépensé des sommes pharamineuses (l’argent du Peuple) pour diaboliser le Maroc auprès de l’opinion publique espagnole et des responsables politiques de ce pays aptes à se laisser prendre au piège fallacieux des droits de l’homme et droits des Peuples ?

Qui, à l’Espagne et à tous ses autres partenaires ou simples interlocuteurs, a imposé, en tout temps et toute occasion, son obsessionnelle condition «le Maroc ou moi. Il faut choisir !» ?

Qui, enfin, a provoqué la pire crise entre l’Espagne et le Maroc avec l’affaire Brahim Ghali-Benbattouch, laquelle a fini, comme tous ses autres coups de Jarnac, par se retourner contre lui ?

Qui…? Le Pouvoir d’Alger, bien sûr ! 

Ce Pouvoir se retrouve aujourd’hui totalement déprécié, isolé, face à son demi-siècle perdu à mettre toute la force de son énergie dans des stratégies de nuisance à l’encontre de son voisin, au lieu de la mettre dans des stratégies de prospérité de son pays et de son Peuple.

L’échec est total pour le Régime algérien qui, en interne, échoue à pourvoir le Peuple en produits de 1ère nécessité, ne contenant la colère populaire du «Hirak» qu’à coup d’interdictions et embastillements et qui, à l’international, coche l’une après l’autre les cases des alliés perdus.

D’où son hystérie, depuis l’annonce du Gouvernement Sanchez. Une hystérie qui prend désormais pour cible l’Espagne, comme elle avait pris pour cible avant cela la France (et le fait encore aujourd’hui à l’occasion des exercices militaires maroco-français «Chergui 2022» qui ont lieu dans l’Est du Maroc, du 1er au 25 mars), ou pris pour cible Israël (après les accords USA-Maroc-Israël du 10 décembre 2020).

Ce Régime, qui n’a de cesse de répéter que l’Algérie n’est pas partie au conflit du Sahara, a été le seul à rappeler rageusement son ambassadeur en Espagne suite à l’annonce de la nouvelle position du Gouvernement Sanchez sur ce conflit. Sa presse affidée s’est, comme d’habitude, lâchée comme une meute contre le Maroc et l’Espagne, ses donneurs d’ordre tentant néanmoins de jouer la division au sein de la classe politique espagnole. Et, usant à nouveau de son chantage au gaz, il a fait médiatiquement savoir qu’il pourrait bien «faire payer le prix du gaz à sa juste valeur, c’est- à- dire son coût réel et non le tarif convenu, quelques années plus tôt» (journal L’Expression du 24 mars). 

Et ce, alors que depuis le retrait d’Alger du gazoduc Maghreb-Europe, l’Espagne qui était dépendante du gaz algérien à 40% ne l’est plus qu’à 23%.

En est-il conscient ? Le Pouvoir algérien en est réduit aujourd’hui à entretenir le rêve de voir l’Espagne revenir sur sa décision de soutenir l’Initiative marocaine, de la même manière qu’il a entretenu celui de voir l’Administration Biden revenir sur la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara.

Et ce n’est assurément pas fini avec les ralliements, européens, anglo-saxons, africains, asiatiques, ou latino-américains, à la cause sacrée du Maroc et à la défense légitime de son intégrité territoriale incluant son Sahara.

Alger devra s’y faire et choisir entre les deux options qui lui restent. 

Continuer de s’enfoncer dans l’échec. 

Ou entrer dans l’Histoire en mettant fin à ce conflit qui l’empêche de profiter des opportunités «Gagnant-Gagnant» que connaissent et peuvent connaître davantage la Région, le Continent, le bassin méditerranéen et au-delà…  

Quant au Polisario, il n’a d’existence que par la volonté du Régime d’Alger sans laquelle il y a longtemps que les vrais Sahraouis auraient rejoint leurs frères et cousins pour vivre décemment et sereinement dans leur pays, le Maroc avec toutes ses provinces, dont les provinces sahariennes.

Bahia Amrani

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