Le Gouvernement à l’épreuve des imprévus

Le Gouvernement Akhannouch se trouve face à de très forts vents contraires. Parti avec le désavantage de deux longues années de crise sanitaire qui ont plombé l’économie et le pouvoir d’achat du citoyen, mais avec l’espoir de réussir à remonter la pente, le voilà confronté à une adversité sans pareille, totalement indépendante de sa volonté…

A peine débarrassé de la vague Omicron, qui a retardé de plusieurs mois la relance de l’économie, il bute contre de nouveaux écueilset non des moindres.

Comment faire face, à la fois, à la flambée des prix des hydrocarbures à l’international (et de tout ce qui en dépend) ; à la pire des années de sècheresse que le pays ait connu depuis 1980 avec un déficit pluviométrique de quelque 64% par rapport à la moyenne normale ;aux conséquences de plus en plus certaines de la criseentre la Russie et l’Ukraine-deux producteurs mondiaux de gaz et de blé-sur l’économie et les prix; et à la quasi-inévitable nouvelle récession économique mondiale qu’entraînera l’entrée en guerre (aujourd’hui effective) de la Russie contre l’Ukraine ?

Les prochaines semaines, voire les prochains mois s’annoncent difficiles pour tous les Gouvernements, celui du Maroc compris. Car, le citoyen, pressuré par les deux années de crise liée à la pandémie, n’a plus ni ressources matérielles, ni réserves de patience…

De son côté, l’Etat, tout autant pressuré par les deux années de crise sanitaire, est sollicité de toutes parts, sans être en mesure de satisfaire les attentes qui vont croissant.

Pourtant, on ne peut objectivement pas dire que le Gouvernement Akhannouch ait traîné avant de se mettre à l’ouvrage. Dès qu’il a été nommé, ses activités ont démarré sur les chapeaux de roue, les grands chantiers attaqués: généralisation de la couverture sociale, investissement, emploi, éducation, mise en œuvre des promesses électorales… Le nouvel Exécutif montrait sa volonté d’aller très vite. Les mots d’ordre étaient «Relance de l’économie», «Nouveau modèle de développement», «Etat social»…

Aujourd’hui encore, le Gouvernement et son Chef sont sur tous les fronts, multipliant les initiatives pour parer à la situation, alors que la colère monte face à la flambée des prix.

Les 3 partis de la Majorité gouvernementale (RNI, PAM, Istiqlal), qui ont tenu leur réunion mensuelle, se sont dits conscients des attentes des citoyens. Ils ont réaffirmé leur «engagement résolu» à faire face aux nouveaux défis, nés du renchérissement des prix sur le marché mondial et du déficit pluviométrique.

Le Chef de la Majorité gouvernementale, Aziz Akhannouch, a pris la parole pour assurer que l’Exécutif «œuvre pour y répondre et honorer ses engagements et obligations, notamment en matière de préservation du pouvoir d’achat».

L’équipe Akhennouch et les principales institutions concernées (le GCAM, la MAMDA…) s’activent à mettre en oeuvre un vaste plan d’accompagnement du monde agricole sinistré, auquel a été allouée une enveloppe de 10 milliards de dirhams, suite aux orientations du Souverain, qui l’a lancé en donnant ses instructions pour que leFonds Hassan II pour le développement économique et social y contribue à hauteur de 3 milliards de DH.

Des réunions interministérielles, puis avec la CGEM, le GPBM, s’enchaînent.

Le ministère de l’Economie et des Finances a annoncé que le prix du pain ordinaire à base de farine de blé tendre ne changera pas et restera à son niveau actuel (1,20 dirham l’unité). De même qu’il a assuré que plusieurs mesures ont été prises pour limiter l’impactde la hausse des prix des matières premières, à l’international,surle marché intérieur etsur certains produits (blé, sucre, gaz)…

Enfin, dernière précaution pour préserver la paix sociale, le Chef du Gouvernement a relancé le dialogue social, recevant les syndicats, chacun séparément, ainsi que le Patronat et leur proposant de relancer le dialogue sur de nouvelles bases.

Avec tous ces efforts, l’Exécutif réussira-t-il à sortir (et faire sortir le pays) de cette forte zone de turbulences, tout en poursuivant les objectifs initialement fixés dans le cadre de la relance économique et du nouveau modèle de développement ?

Le défi est immense et le Gouvernement n’a pas la main –loin s’en faut- sur les développements en cours des tensions à l’international.

Il lui faudra, d’abord, continuer de multiplier les mesures et trouver les bonnes.

Ensuite, il devra beaucoup -et surtout bien- communiquer sur tous les détails de la situation, afin que l’opinion publique lui épargne au moins une accusation, celle d’être indifférent à ses problèmes.

BA

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