Afghanistan: Que s’y passe t-il vraiment?

    Ils avaient promis une amnistie générale aux collaborateurs de l’ancien régime afghan. Depuis leur prise de pouvoir mi-août 2021, les Talibans auraient en réalité procédé à au moins 72 exécutions sans procès, accusent les Nations-Unies.

    Entre août et novembre 2021, l’Organisation des Nations-Unies (ONU), a reçu «des allégations crédibles faisant état de plus de 100 exécutions d’anciens membres des forces de sécurité nationales afghanes et d’autres personnes associées à l’ancien gouvernement, dont 72 au moins ont été attribués aux talibans», a déclaré la Haute-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Nada Al-Nashif, devant le Conseil des droits de l’homme. En outre, «dans la seule province de Nangarhar, au moins 50 exécutions extrajudiciaires de personnes soupçonnées d’être membres de l’EI-K (Etat islamique au Khorasan, mouvement rival des talibans à l’origine de plusieurs attentats sur le sol afghan, NDLR), semblent avoir été commises», a-t-elle enchéri. «Dans plusieurs cas, les corps ont été exposés en public», a dénoncé la Haute-Commissaire adjointe aux droits de l’Homme.  Cette manifestation de violence montre que les fondamentalistes ont renoué avec leurs anciennes pratiques pour instiller la peur et taire toute velléité d’opposition. Au moins huit militants et deux journalistes afghans ont été tués depuis le mois d’août 2021, tandis que les Nations unies ont également recensé 59 détentions illégales. «La sécurité des juges, des procureurs et des avocats afghans -en particulier des femmes juristes – est particulièrement préoccupante», a-t-elle ajouté.

    Alertés par des ONG, les Etats-Unis, la France et d’autres pays occidentaux se sont déjà inquiétés de ces exécutions sommaires et ont demandé l’ouverture rapide d’enquêtes. Les talibans avaient rejeté ces accusations: «Il y a eu des cas de meurtres d’anciens membres des forces de sécurité» du gouvernement renversé l’été dernier, «mais à cause de rivalités ou inimitiés personnelles», a balayé le porte-parole du ministère taliban de l’Intérieur, Qari Sayed Khosti.

    P. Zehr 

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