Généraux d’Algérie : «Vous avez reçu un message…»

Messieurs les Généraux d’Algérie, vous êtes où ? Vous n’êtes pas là ? 

Vous êtes 102, d’après ce que nous apprennent vos citoyens et parmi vous, il y en a –toujours selon vos citoyens- une trentaine qui dirige le pays sous la houlette de votre chef, le Général Chengriha… 

Et pas un n’a vu le «Vous avez reçu un message» qui s’affiche en grand sur vos écrans ? 

Alors quoi ? Vous n’avez pas de connexion, là où vous êtes ? Vous n’avez pas accès à votre messagerie ? 

Ah, si si. Vous y avez accès. Nous le voyons à travers les rafales de messages belliqueux et provocateurs que vous lâchez contre le Maroc, rageusement, frénétiquement, à faire «bugger» vos appareils.

Mais vous ne cliquez pas sur votre «Vous avez reçu un message». Il est pourtant clairement mentionné que le message vous vient de votre peuple. Il est signé «le Hirak». 

En fait, pour employer un langage qui vous est familier, c’est «un tir groupé» de messages qui vous sont adressés des quatre coins de votre pays et qui disent tous la même chose: «Dégagez. Un Etat civil et non militaire. Les Généraux à la poubelle»…

Ce sont les propres mots de vos concitoyens… Juré ! Ce ne sont pas «les ignares à la solde des services du Makhzen marocain et sionistes» qui ont rédigé ni envoyé ces messages… Non. 

Ceux que vous désignez par «ignares à la solde des services du Makhzen marocain et sionistes» dans le récent et très officiel communiqué de votre ministère de la Défense, n’y sont pour rien. 

Ce sont des centaines de milliers d’Algériens qui vous disent ça. Ils ont dit la même chose, il y a deux ans, tous les mardis et vendredis, dans la rue qu’ils ont occupée pendant toute une année. Covid les a contraints à rentrer chez eux. Pour leurs deux ans, les revoilà… Avec le même message pour vous: «Dégagez !».

Faut-il que vous les ayez écoeurés, désespérés, révoltés, pour qu’ils ne voient de place pour vous qu’«à la poubelle» !

Il est certain que leur message est, pour vous, plus dur que n’importe quel autre venu d’ailleurs, parce qu’il vous dit ce que pensent de vous les vôtres. Ceux qui vous connaissent et qui sont les seuls à même de vous accorder -ou pas- la légitimité dont vous avez besoin pour exercer ce Pouvoir auquel vous tenez.

Ils vous disent qu’ils ne veulent plus de votre «Système», tel que reproduit depuis l’Indépendance ; que le Peuple n’en peut plus de souffrir pendant que vous menez votre seigneurial train de vie ; qu’ils veulent que les militaires restent des militaires et que le Pouvoir soit exercé par des civils indépendants de vous… 

Ils vous parlent d’Algériens à Algériens. Ni Makhzen, ni Sionistes, là-dedans… Mais vous ne voyez, ni n’entendez leur message.

Vous continuez de croire que la stratégie de «l’ennemi voisin» (à l’extérieur) et de la répression (à l’intérieur), sont les seuls moyens de perpétuer votre «Système».

Vous ne voulez pas voir que le monde change ; qu’autour de vous, des avancées se réalisent, des alliances se font…. Sans vous. Et que des opportunités se perdent… A cause de vous. 

Qui ne vous a dit, ressassé, rabâché, du FMI, de la Banque Mondiale, de chez les voisins, que le PIB des pays du Maghreb –dont le vôtre donc- enregistre chaque année un manque à gagner de 2%, à cause du «Non-Maghreb» que vous imposez ?

Vous dites que les alliances, qui se font autour de vous, se font contre vous. A la longue, ce sera vrai… Parce que le Peuple algérien ne supportera pas encore longtemps de rester à la traîne.

Les temps ne sont plus à l’économie de rente, au pari sur une ou deux ressources naturelles, à la gestion approximative… Il faut être sur tous les fronts de l’économie: l’industrie, l’agriculture, le commerce, les nouvelles technologies… Il faut diversifier, investir dans les créneaux les plus adaptés… Il faut s’ouvrir à la région, au continent, au monde… Il faut que le Peuple sente et voie que son pays avance, se bat, se fraie un chemin à la cour des grands ; et que sa situation à lui, Peuple, s’améliore en conséquence.

Encore une fois, ce sont les Algériens qui vous disent cela, messieurs les Généraux, dans leur message… Jusque-là pacifique. 

 Bahia Amrani

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