Pêche côtière : Coup de colère des armateurs

Les professionnels de la pêche côtière sont remontés contre le ministère de la pêche. Une guerre qui ne dit pas encore son nom, mais qui est déjà annoncée, depuis quelques semaines, par les membres de la Confédération nationale de la pêche côtière (CNPC) et de la Fédération des Chambres des pêches maritimes.

Les professionnels de la pêche côtière ont-ils raison d’être inquiets et en colère contre le gouvernement ? La colère est en tout cas grande sur les quais de plusieurs ports où les armateurs dénoncent le manque de communication de la part des responsables du département de la pêche. Parmi les sujets de discorde, «la commercialisation des produits de mer, le prix du gasoil, les quotas, la question des taxes», précise-t-on à la Confédération nationale de la Pêche côtière (CNPC).

«Franchement, on a l’impression que la profession est négligée. Et forcément, ça exacerbe les crispations. Dans les milieux professionnels de la pêche côtière, on reproche aux instances professionnelles de n’avoir rien fait pour les pêcheurs». C’est ainsi qu’un ancien président de la CNPC, résume la colère qui monte dans certains ports, depuis quelques jours.

Selon lui, des réunions devraient se tenir dans les prochains jours et s’annoncent chaudes, très chaudes même. «Nous ne sommes pas contents et nous comptons le dire !», déclare tout net notre source.

Si pour l’heure, aucune forme de protestation n’est encore décidée, le fond de la contestation est le même sur tous les littoraux marocains. Le message des armateurs côtiers est clair: avec un prix du carburant si élevé, leur activité n’est tout simplement pas viable. «Le gasoil reste trop cher, malgré la baisse des cours à l’international», précise notre armateur.

Sous criée, notre poisson a du mal à se vendre à un prix correct, déplore-t-on à la CNPC. Cette dernière fustige aussi la multiplicité des taxes qu’elle qualifie de «non fondées». «On veut notre perte. Cette situation  risque de porter un coup dur à note secteur», dénonce un autre membre de la Confédération.

Il ajoute: «Une nouvelle répartition des quotas s’impose en ce qui concerne le poulpe. En 2003, les entreprises de la pêche hauturière ont connu un déséquilibre d’exploitation, avec la chute des cours des céphalopodes. Pour les aider à dépasser leur crise, nous les avons soutenus. Ils se sont taillé la part du lion dans la distribution des quotas, dans le cadre du plan d’aménagement du poulpe ».

Les armateurs, en colère contre le silence du ministère face à certaines pratiques décriées dans les marchés de commercialisation des produits de mer (1ère et 2ème) et qui, disent-ils, «détériorent le climat des affaires dans ce secteur», ont décidé de mettre la pression.

Il n’est pas question qu’on accepte cette situation difficile alors qu’on n’arrive pas à vendre notre poisson à un prix correct! Pour le poisson blanc, par exemple, les prix ont connu une baisse très importante», s’énerve un armateur à Safi.

L’ONP, poursuit-il, «doit jouer son rôle premier qui est de valoriser les produits de mer». Comme lui, les armateurs membres de la CNPC commencent à voir rouge.

«Jusqu’à présent, on n’a rien vu sur le terrain. L’Office ne fait que prélever les taxes, mais ne fait rien pour le secteur. On n’arrive même pas à rencontrer ses responsables pour tenter de trouver des solutions à nos problèmes», explique-t-on.

Bien sûr que nous avons aussi souhaité un dialogue direct avec le ministère, poursuit-on. D’ailleurs, insistent nos sources à la CNPC, plusieurs courriers ont été adressés dans ce sens au ministère. «Nous avons interpellé la SG du ministère sur cette question de commercialisation et de valorisation des produits de mer, ainsi que sur plusieurs autres dossiers chauds. Nous pensions entrer dans une phase de concertation avec la SG, Zakia Driouch, qui nous a promis une rencontre en présence des responsables de l’ONP. Mais aucune suite n’a encore été donnée à nos doléances», explique-t-on.

Selon nos sources à la Confédération, les armateurs «ne resteront pas les bras croisés». Ils sont apparemment décidés à user de tous les moyens dans le combat qu’ils mènent pour obtenir gain de cause. Ils ont d’ailleurs frappé à la porte de l’opposition au parlement. Il y a trois semaines, une rencontre a réuni le SG de l’Istiqlal et les professionnels de la pêche à ce sujet, indiquent nos sources. Cette situation est «anormale» et se répercute négativement sur les opérateurs et le secteur en général, déplore un membre de la Confédération.

Cette guerre qui ne dit pas encore son nom a ouvertement éclaté après la tenue du dernier Conseil d’administration de l’ONP, assure-t-on. En juillet dernier, dit-on, les professionnels de la pêche côtière avaient manifesté leur refus des projets inscrits dans le plan d’action de l’ONP, lequel a été annoncé en marge de ce Conseil. Un dossier à suivre…

NaîmaCherii

 

 

 

 

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