2019 : Rire avec le peuple, du sacré, comme du banal…

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Et si on déroulait 2019 en en riant ?

La vertu première de l’humour, c’est son «antidote-gaité» contre tout… Colère, désappointement, tristesse, hargne… Il suffit d’une pointe d’humour et tout cela passe en arrière plan.

Quand on rit d’un problème, on ne le résout pas, certes, mais on en allège le poids.

Peut être bien que l’humour n’est pas donné à tous, il est cependant à la portée de tous… Et le peuple s’en saisit avec une maestria qui ne finit pas d’étonner !

Autrefois, l’humour populaire se rapportait de bouche à oreille. Il finissait par faire le tour de la ville, mais cela mettait un certain temps.

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, le partage est immédiat et il est planétaire! 

L’humour populaire devient une «arme de distraction massive». 

Tout fait, du plus sacré au plus banal, se retrouve dans son collimateur… Pour notre grand bonheur ! 

Si l’on cherchait une expression des plus parfaites de la démocratie, c’est dans l’humour populaire qu’on la trouverait, sans conteste.

Souscrivons donc à cette démocratie. Rions de ce que nous vivons. Rions avec le peuple. En 2019, nous en avons eu l’occasion tous les jours. Les vidéos, les caricatures, les photos accompagnées de commentaires comiques, nous sont souvent parvenues sans que nous allions les chercher… Merci WhatsApp !

La grande vague obscurantiste qui a tenté (tente toujours ?) de submerger le monde a charrié, parmi ses dogmes, l’interdiction de rire, comme celle de chanter, danser… Cela n’a pas empêché l’humour populaire de lui réserver un accueil et un accompagnement à sa hauteur. Ici, une caricature montre un instituteur, une règle à la main, essayant de faire lire à un vieux barbu enturbanné -genre Ayatollah- ce qui est écrit sur un tableau noir : wifi, wifi…Et l’Ayatollah de répéter après le maître: 8 filles, 8 filles… Là, une photo montre une femme voilée de dos, la tête entièrement couverte d’un foulard, mais le corps serré dans un pantalon moulant, taille basse, qui laisse apparaître sa culotte et toute la générosité dont la nature l’a dotée, avec ce commentaire: «l’important, c’est d’avoir la tête bien couverte!». 

Quoi de plus inquiétant qu’une contestation populaire ? Grande «Manif», grande paralysie du pays, occupation de la rue… La dernière, qui a marqué les esprits, en 2019, tant elle a été croquée par les humoristes, professionnels et amateurs, c’est celle du Liban. Une «Manif» tellement pacifique, tellement festive… Les femmes si belles, modernes, libres et décomplexées… Les hommes si «amoureux» dans leur comportement -assez original- de «militants»… La «colère populaire» s’est exprimée à grands renforts de… Musique, danse, bisous échangés en public (et même plus, quand il y a eu affinité). Avant que les commandos chiites de Nasrallah ne reprennent les choses en mains, réintroduisant dans la «Manif» les échauffourées, coups et affrontements, dont les jeunes Libanaises et Libanais fêtards l’avaient privée, le monde avait beaucoup ri. Les vidéos de Moyens-Orientaux fonçant vers le Liban, à la vue des jolies femmes battant le pavé au pas de danse, celles de slogans revendicatifs écrits au niveau de la chute des reins sur des corps de rêve… Ont été accompagnées de commentaires hilarants. Le plus sobre est celui qui interroge, alors qu’une gracieuse blonde rivalise avec Samia Gamal: «Ya Jamaâ, vous êtes sûrs qu’il s’agit d’une révolution?».

La maladie, c’est du sérieux, c’est l’angoisse première. Même là, ceux qui nous régalent avec leur humour n’hésitent pas. Cette année, il a beaucoup été question d’une maladie, en particulier. L’humour populaire nous l’a resservie avec le sourire. Ainsi, dans une caricature, deux femmes du 3ème âge sont assises côte à côte. La première demande à l’autre: «Quel est le nom déjà de cet Allemand qui m’a fait tourner la tête?». Et l’autre de répondre: «Alzheimer».

Pour leur part, les politiques en prennent pour leur grade. On ne retiendra qu’une caricature à ce sujet. Celle d’un jeune encagoulé qui braque un homme bedonnant. «Donne Ton argent», lui lance-t-il. L’homme terrifié, les bras levés, dit, croyant impressionner le braqueur: «je suis un homme politique». Et le braqueur de rétorquer: «alors, donne Mon argent».

S’agissant du Roi, les Casablancais ont un humour qui revient chaque fois que Sa Majesté est de passage dans la capitale économique. Cela concerne les autorités locales qui, en se mobilisant par peur d’une éventuelle colère royale (et des sanctions qui iraient avec), recourent à des méthodes kafkaïennes. Des trottoirs refaits si vite que le carrelage couvre aussi les égouts dans la foulée. Résultat: dès que le Roi s’en va, il faut tout re-casser… Des arbres qui se dressent tout à coup là où, la veille, ils n’existaient pas…Et qui re-disparaissent ensuite… Les Habitants de Casablanca plaisantent toujours en répétant: «Ah, si le Roi pouvait rester ici tout le temps…S’il pouvait passer par toutes les ruelles, pour les obliger à se décarcasser!».

On peut multiplier les exemples à l’infini. L’humour populaire est si riche, si prolifique et, surtout, si intelligent !

Essayons tous de nous y… Essayer… 

La distance que l’on prend, grâce à l’humour, avec ce qui nous dérange, nous permet de «garder la pêche» quoiqu’il arrive. C’est un privilège de l’être humain dont nous devrions user sans modération. 

Usons-en! C’est tout le bien que l’on peut nous souhaiter pour cette nouvelle année. 

Santé, bonheur et… Humour pour 2020 !

Bahia Amrani

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