Congrès international de l’arganier : 146.000 ha réhabilités

Le programme paraphé en 2003 pour la réhabilitation de 200.000 ha d’arganier, à l’horizon 2020, a permis la réhabilitation  de plus de 146.000 ha pour une enveloppe financière de 450 MDH, a déclaré Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts.

«Ce programme, qui figure parmi les objectifs stratégiques du contrat-programme (2012-2020), vise à innover et valoriser cette filière en vue d’optimiser son rendement», souligne le ministre, qui a présidé, mardi 10 décembre, à Agadir, la séance d’ouverture des travaux de la 5 ème édition du congrès international de l’arganier.

Dans le détail, précise le ministre, les étendues réhabilitées sont passées à 101.487 ha en 2017 contre 13.027 ha en 2012 pour atteindre, en 2019, plus de 146.000 ha.

Le projet de Développement de l’arganiculture dans les environnements dégradés (DARED), financé par le Fonds Vert pour le Climat, vient consacrer les efforts déployés par les différents partenaires, a ajouté le ministre. Ce projet, dit-il,  porte sur la plantation de 10.000 ha de l’arganier agricole, la mobilisation des eaux de surface et le renforcement des capacités des acteurs.

Selon le ministre, ce chantier, lancé en 2018, a pour but la création d’arganeraies modernes. Il a permis, jusqu’à aujourd’hui, la plantation de 1370 ha et la programmation de 5500 ha en cours de réalisation. Pour cela, une enveloppe financière de 49 millions de dollars, dont 39 millions, ont été mobilisés par le Fonds vert pour le climat, précise le ministre.

Pour accompagner ce projet, indique le ministre, plusieurs mesures incitatives ont également été mises en place dans le cadre du Fonds de Développement Agricole, notamment le soutien à l’acquisition de l’arganier à hauteur de 80% soit l’équivalent de 6.000 DH/hectare dans les terres bours et 9.000 DH/hectare dans les terres irriguées. Une subvention de 3.400 DH/hectare a également été réservée au regroupement des unités d’extraction et de transformation d’huile d’argan, d’après le ministre.

Pour sa part, le directeur général de l’agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), Brahim Hafidi, a affirmé que les zones oasiennes et de l’arganier ont connu une amélioration au niveau de la plupart des indicateurs.

«Cette amélioration dépasse parfois les taux visés» dans le cadre de la stratégie d’intervention de l’Agence», précise Brahim Hafidi, qui ajoute que le programme de réhabilitation de l’Arganneraie  a atteint 73 % de l’objectif.

Côté production d’huile d’argan, le Maroc vise à l’horizon 2020 à augmenter sa production  à 10.000 T/an. Dans l’objectif d’atteindre cet objectif, un contrat-programme a été conclu entre le gouvernement et  la Fédération interprofessionnelle marocaine de la filière de l’argan (FIMARGANE) pour la période 2011/2020 avec un montant global estimé à 2,8 milliards de dirhams.

Le programme  vise également  la domestication de l’arganier et l’extension de sa culture en conduite moderne sur 5.000 ha  et la réhabilitation de 200.000  ha de l’arganneraie.

Par ailleurs, dans le cadre de l’accompagnement de la mise en œuvre de la filière arganier, des activités de recherche sont menées pour répondre aux orientations du Plan Maroc Vert. Elles portent principalement sur quatre volets. A savoir, entre autres, l’amélioration génétique et la création de variétés d’arganier et sélection d’arganiers performants et l’utilisation de la biotechnologie dans la recherche sur l’arganier, explique Brahim Hafidi.

Néanmoins, la filière est appelée à relever le défi de la valorisation de la filière de l’arganier, la transformation et l’amélioration du volet social des ayants droits.

«La labellisation et la préservation de l’indication géographique d’aragn sont les principaux soucis de la fédération», souligne Ahmed Atbir, président de la fédération interprofessionnelle de l’argan (Fifargan), lors de la 5 ème édition du congrès international de l’arganier, organisé par l’ANDZOA, sous la tutelle du ministère de l’Agriculture.

Placé sous le thème «Capital naturel de l’arganeraie: valeur et valorisation», ce congrès a permis d’établir un état des lieux et surtout d’identifier les défis à relever. Quelque 230 chercheurs et experts issus de 9 pays et s’interessant aux différents aspects liés au secteur de l’arganier ont pris part à cette rencontre, laquelle a clôturé ses travaux mercredi 11 décembre.

L’événement se veut aussi une occasion de capitaliser autour des résultats et des acquis de la recherche scientifique sur l’arganneraie. Il s’agit aussi de faire le point sur des initiatives et approches actuelles en matière d’évaluation et de valorisation du capital naturel de la Réserve de Biosphère des Arganeraies (RBA).

Au menu de cet événement, figuraient des tables rondes, des conférences autour de quatre axes: «Structure et fonctionnement de l’arganeraie»; «Agroforesterie, agriculture, agraniculture, biotechnologie et amélioration génétique» ; «Valorisation du fruit de l’arganier en santé, chimie et technologie» et «Changements sociaux, patrimoniaux et développement dans la RBA».

En marge de l’ouverture de cette manifestation, deux conventions ont été scellées. La première, signée entre le ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts et la Fédération interprofessionnelle de la filière de l’argan (FIFARGANE), concerne la mise à niveau de la fédération. La seconde, signée entre la FIFARGANE et la Fédération interprofessionnelle du Bio au Maroc (FIMABIO), porte, quant à elle, sur la promotion du label Bio des produits de l’Argan.

Notons enfin que cette manifestation coïncide, cette année, avec la première édition du Salon international de l’arganier, qui s’est déroulée du 7 au 10 décembre 2019. Cinq sites ont été consacrés aux activités commerciales et culturelles dans les principales places de la ville d’Agadir avec la participation de 120 coopératives issues de huit provinces de la biosphère de l’arganeraie: Essaouira, Tiznit, Taroudant, Chtouka Ait Baha, Inezgane Ait Melloul, Guelmim, Agadir Ida-Outanane.

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