Pacte de Marrakech : Vrais défenseurs des migrants ?

Ouverture de la Conférence intergouvernementale pour l'adoption du Pacte mondial sur les migrations
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Lundi 10 décembre 2018, à Marrakech, 164 pays ont paraphé le Pacte mondial sur les migrations, lors d’une Conférence internationale.

Le document, qui doit être approuvé par l’Assemblée générale des Nations Unies le 19 décembre, établit 23 objectifs de coopération en matière de migration.

Mais le texte fait l’objet, depuis plusieurs semaines déjà, de nombreuses rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux. Une grande confusion et de nombreuses fausses informations -souvent alarmistes- ont été propagées à propos de ce pacte pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Malgré le fait que ce premier document global de l’ONU sur la migration n’est pas contraignant, les xénophobes et les partis nationaux -partisans de la fermeture des frontières- ont partagé de nombreuses Fake news.

Ils ont mené une véritable campagne contre ce pacte, dont l’un des objectifs est la facilitation «des migrations sûres, ordonnées et régulières». C’est ce point qui a donné lieu à nombre de rumeurs d’incompréhension dans les milieux de ses détracteurs. Pour ces derniers, le pacte onusien porterait atteinte à la souveraineté des Etats et permettrait à des «flots d’immigrés» de débarquer dans les pays occidentaux.

En juillet dernier, le  texte avait été validé par l’ensemble des membres des Nations Unies. Mais dix pays, qui ne veulent pas s’engager, se sont retirés du processus, dénonçant toute forme de «gouvernance mondiale» dans le dossier de l’immigration.

Le 1er à donner le coup d’envoi des défections a été le Président Trump qui a retiré son pays du processus onusien sur la migration. Israël et 7 pays européens ont suivi.

L’anecdote a été celle du Brésil. Alors que le ministre des Affaires étrangères de ce pays participait à la conférence du pacte à Marrakech, son futur successeur tweettait, dans la nuit, que dès que le nouveau Président élu du Brésil prendrait ses fonctions (en janvier), le Brésil se retirerait…

Le document, qui ne prétend pourtant pas exiger quoi que ce soit des Etats signataires, suscite aussi, paradoxalement, une grande polémique au sein de plusieurs associations défendant les migrants, qui ont critiqué ou même boycotté la Conférence internationale sur les migrations. Ces associations estiment, elles, qu’au contraire, le texte n’est pas à la hauteur de leurs attentes, considérant que le pacte n’a pas caractère de texte juridique relevant du droit international.

Ce pacte mondial va-t-il réellement faciliter les migrations, comme le laissent entendre ses opposants? On n’en est pas sûr. Les experts, universitaires et autres associatifs que nous avons rencontrés lors du Forum mondial sur la migration et le développement, tenu à Marrakech du 5 au 7 décembre, n’ont eu de cesse de répéter que le Pacte mondial pour les migrations, mis au point par l’ONU, ne va pas faciliter les migrations. Certes, disent-ils, c’est un pas historique en matière des migrations. Mais cet accord, signé à Marrakech par 164 Etats, n’est pas contraignant. Il s’agit d’un pacte qui réunit une vingtaine de propositions pour aider les Etats à faire face aux migrations, en facilitant l’information, l’intégration des migrants, l’échange d’expertises, etc.

164 Etats signataires, c’est bien et cela minimise grandement l’impact des 10 pays non-signataires. Cependant, les 164 Etats sont-ils de vrais défenseurs des migrants ? Cela se verra à l’application des objectifs du pacte qui requiert l’adoption de ce dernier par chaque pays, séparément, après que l’Assemblée générale des Nations Unies l’aura approuvé la semaine prochaine.

 

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