Festivals du Maroc : Le pari de la culture est-il relevé?

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Un été de festivals. En effet, c’est à une vitesse record que se multiplient les festivals au Maroc. Comme chaque année, des artistes, marocains et étrangers, investissent les scènes de ces événements qui foisonnent dans les différentes régions du pays. La musique sous toutes ses formes -moderne, classique, jazz, amazighe, soufie, hassanie, électroniques, africaine, etc., il y en a pour tous les goûts! Quelle est leur utilité ? Quels sont les messages qu’ils véhiculent ? Quels liens avec la culture ? Culture marocaine (amazighe, hassanie, juive), africaine, orientale et occidentale… Quels enjeux ?

Il y a encore quelques années, les détracteurs  de ces festivals pensaient que bon nombre d’entre ces festivités allaient très vite être suspendues. Les attaques contre ces événements ont particulièrement augmenté depuis 2011, avec notamment des rumeurs sur la suspension de tel ou tel festival, qui se répandent chaque année, à l’approche de chaque saison des festivals.

Dans le cadre de ces festivals, on pointe du doigt les associations communales qui se sont converties en agences d’événementiel, avec un manque criant d’expérience et de professionnalisme. Les détracteurs dénoncent aussi «l’opacité de la gestion» de ces événements et y voient autant de signes de «gaspillage d’argent public» et de dangers pour la société.

Apparue sous le nom de «Mawazine-Rythmes du monde» en 2001, ce festival a été l’un des plus critiqués. Un mouvement «anti-Mawazine», rappelons-le, a été créé en 2011 (année qui a connu les printemps arabes), appelant à injecter les fonds dans d’autres domaines, comme l’enseignement et la santé. La 17ème édition de Mawazine-Rythmes du Monde a fait l’objet d’un appel au boycott.

Bref, les initiateurs de cet appel ont fait pression pour son annulation. Mais en vain. Car, ce festival a fait son chemin contre vents et marées. En matière d’impact médiatique, cet évènement, qui célèbre cette année sa 18ème édition, est devenu l’un des plus célèbres dans le monde. Il devra franchir, cette année, la barre des 2,5 millions de spectateurs, en plus des millions de téléspectateurs dans les autres continents, selon ses organisateurs. Ces derniers affirment que le festival Mawazine est classé au deuxième rang des plus grandes manifestations musicales de la planète.

A noter que Mawazine n’est pas le seul festival qui a connu une farouche opposition. D’autres événements ont également connu des opposants et des difficultés financières… Même s’ils sont encore, plus que jamais, incontournables sur la scène nationale.

Les festivals, quel intérêt?

Mais les festivals n’ont pas que des détracteurs. Et ils ne sont pas uniquement un rendez-vous annuel d’amusement et de divertissement au rythme des musiques. Mais ils constituent aussi une occasion de mettre en avant la force de la culture, en tant que rempart contre l’extrémisme, la haine et la violence sous toutes ses formes, tient à commenter un observateur de la scène culturelle.

Outre les retombées à la fois économiques et touristiques de ces événements, poursuit la même source, les festivals ambitionnent de garantir l’encouragement à la culture et le rayonnement artistique des régions marocaines, tout en œuvrant à la diffusion des valeurs que porte le Maroc, à savoir la tolérance, la diversité et le partage.

Le but est aussi de contribuer à la conservation de la mémoire populaire, en tant que pilier de la culture marocaine, ajoute la même source. «Grâce à ces festivals, c’est aussi le modèle culturel national qui s’exporte à l’étranger», souligne cet observateur.

Chaque année, ces festivals sont marqués par les exposés présentés par un parterre d’experts et de panelistes, nationaux et internationaux (intellectuels et éducateurs), dans les différents ateliers et rencontres qui s’y tiennent.

Dans leurs allocutions respectives, les intervenants dans les rencontres organisées cette année, en marge du festival Gnaoua, pour ne citer que cet événement, ont tous souligné que la culture reste une arme contre la haine et la violence, dans le sens où elle agit sur la pensée des individus et leur perception des choses.

Pour la fondatrice du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, Neila Tazi, «la présence de ces intervenants et du public, chaque année plus nombreux, sont autant de signes qui donnent raison aux organisateurs de cet espace de débat libre, dans leur désir de produire du sens, de donner à réfléchir et d’accompagner le mouvement créé par le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira».

 La culture a aussi des «travers»!

«Il ne suffit pas d’être cultivé pour éviter la barbarie». Les propos sont d’Edwy Plenel, journaliste et écrivain français, lequel a participé aux débats de la huitième édition du Forum des droits de l’Homme, organisée en marge du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira. L’écrivain a, dans ce cadre, cité des cas de certains pays ayant commis des crimes de guerre et beaucoup de violences, même s’ils se considèrent cultivés. «Il faut disposer d’une immunité, pour accepter qu’il y ait d’autres cultures que la sienne et éviter de sombrer dans l’abîme de la supériorité culturelle», insiste le journaliste-écrivain.

Le sujet suscite en fait réflexion. Quand les Etats méprisent la culture des autres, ils tombent ainsi dans «les dérapages de la culture». «Il y a des travers de la culture et, dans ces travers, il y a le fait qu’on puisse tomber dans la supériorité culturelle. Cela s’est d’ailleurs vu à l’international. Beaucoup de pays imposaient leur culture comme étant supérieure aux autres», soulève le même observateur de la scène culturelle. En effet, les juifs et les individus considérés comme suspects furent automatiquement évincés des organisations culturelles. Les nazis mettaient l’accent sur la valeur de la propagande de l’art et glorifiaient l’aryanisme et l’héroïsme de la guerre.

Sur le plan national, souligne la même source, le Maroc tente de dépasser ces travers de la culture et n’impose pas la culture arabe comme seule culture marocaine, laquelle a plusieurs composantes (amazighe, hassanie, juive…).

Chaque année, à l’occasion de ces nombreux festivals, des artistes marocains et étrangers (les plus en vogue) investissent les scènes de ces événements. Il y en a pour tous les goûts: la musique sous toutes ses formes moderne et classique, les Rock, électro, hip-hop, pop, jazz, occidentale, africaine, arabe, amazighe, Soufie, hassanie, électronique, etc., conclut la même source.

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