Dans une démarche visant à consacrer le principe de transparence dans le paysage médiatique marocain, l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) appelle à la publication de la liste détaillée des bénéficiaires des aides publiques allouées aux entreprises de presse entre 2005 et 2025.
L’Association a souligné la nécessité de clarifier l’impact réel de ces aides et d’identifier les bénéficiaires effectifs, tout en condamnant fermement les propos offensants tenus à l’encontre de ses membres et de son Président lors d’une séance publique à la Chambre des représentants.
Cette position a été adoptée lors de la réunion du Bureau exécutif de l’ANME, tenue mercredi 28 janvier 2026 à Casablanca. Lors de cette rencontre, les discussions ont porté sur l’examen des campagnes visant l’Association et le suivi de l’évolution de la situation concernant le Conseil national de la presse (CNP), à la lumière de la récente décision de la Cour constitutionnelle.
La réunion a débuté par une minute de silence en hommage à Najib Salmi et Hasna Boufalja, avant que Driss Chahtane ne retrace l’histoire et les réalisations de l’Association qu’il préside, soulignant qu’à travers l’engagement de l’ensemble de ses membres, l’ANME a contribué à sauver le secteur d’une disparition certaine, notamment lors de la pandémie de Covid-19 au Maroc, début 2020.
Driss Chahtane a par ailleurs présenté une vision d’avenir globale visant à restructurer le secteur de la presse afin de lui permettre d’atteindre l’indépendance financière et de s’appuyer sur ses propres ressources.
Ce projet repose sur une réforme structurelle comprenant le développement des ressources humaines et l’amélioration de leurs conditions financières, ainsi que la révision des structures du Conseil national de la presse et la mise en place d’un modèle économique résilient, capable de faire face aux défis posés par la publicité mondiale et les plateformes numériques.
Un accent particulier est mis sur la réforme du journalisme sportif et l’élimination des pratiques de laxisme et de recherche de rente, en coordination avec les autorités compétentes.
Par ailleurs, la réunion a également abordé les obstacles dressés par certaines parties. Le Président a dénoncé le fait que ces parties aient recouru à divers moyens et ressources pour faire dérailler ce processus de réforme. Notamment, par le biais de fuites illégales et de conflits avec des acteurs politiques, transformant des questions qui concernent la presse en un outil de polarisation électorale.
Dans ce contexte, l’Association, qui a condamné les propos tenus au sein du Parlement par le chef d’un parti politique, réaffirme en tant que composante influente du quatrième pouvoir, son engagement en faveur de la neutralité et de l’impartialité envers tous les partis.
Cependant, afin de lever l’ambiguïté sur la gestion de la période précédente, le Président de l’Association a proposé de saisir la Cour des comptes en vue d’un audit concernant l’attribution et l’utilisation des aides publiques au cours des vingt dernières années et ainsi garantir une transparence totale.
Sur le plan juridique et institutionnel, l’Association nationale des médias et des éditeurs a réagi à la décision de la Cour constitutionnelle déclarant inconstitutionnels certains articles de la loi relative au Conseil national de la presse. L’ANME considère que cette décision, malgré son importance, risque de paralyser durablement le Conseil et de perturber le traitement de questions professionnelles urgentes, tels que le renouvellement des cartes professionnelles et les travaux des comités d’éthique et ce, jusqu’à la session d’avril 2026.
La réunion du Bureau exécutif de l’ANME, tenue le 28 janvier 2026 à Casablanca, s’est conclue par l’adoption à l’unanimité de plusieurs résolutions cruciales, notamment le renouvellement de la confiance des membres de l’ANME envers la Direction et la Présidence en exercice. Les participants ont également réaffirmé leur refus catégorique d’être entraînés dans des débats stériles et de subir les injures dont ils sont la cible, affirmant que l’Association nationale des médias et des éditeurs poursuivra son action professionnelle, en restant indépendante de tout agenda politique étroit et en se concentrant sur la pérennité et le développement du secteur des médias au niveau national.














































