
Le Président américain Donald Trump a appelé, samedi 28 mars 2026, ses nombreux fans sur les réseaux sociaux, à regarder «Life, Liberty and Levin» (La vie, la liberté et Levin), l’émission sur Fox News de Mark Levin.
Cet éditorialiste ultraconservateur a utilisé son temps d’antenne, ce week-end, pour inciter le président américain à « aller chercher l’uranium enrichi » en Iran, après plus d’un mois de guerre au Moyen-Orient.
Le quotidien The Wall Street Journal a confirmé, dimanche 29 mars (2026), que le locataire de la Maison Blanche envisageait de plus en plus sérieusement de lancer une opération pour aller chercher les stocks d’uranium très enrichi dont disposerait encore l’Iran.
Donald Trump n’est pas le seul dans l’exécutif américain à caresser l’idée d’une telle opération. «Il faudra y aller et le récupérer!», avait soutenu le Secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, devant le Congrès début mars. Le nouvel objectif trumpien concerne, selon l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, un stock proche d’être utilisable à des fins de construction de bombe nucléaire.
« Avec cette quantité, et si l’Iran réussit à enrichir cet uranium à 90 %, les autorités seraient capables, en théorie, de fabriquer une dizaine d’armes nucléaires », souligne Ludovica Castelli, spécialiste des questions nucléaires au Moyen-Orient pour l’Istituto Affari Internazionali (IAI), un centre de recherche et de réflexion italien.
«L’existence de ces stocks avait été documentée avant les frappes américaines de juin 2025 contre les infrastructures nucléaires par l’AIEA. Et depuis lors, on ne sait pas trop ce qu’il en est advenu», poursuit cette experte.
Bien que Donald Trump eût affirmé que les capacités d’enrichissement de l’Iran étaient «complètement anéanties», leur destruction complète semble peu probable. Des images satellites suggèrent qu’une partie au moins de ces réserves en uranium enrichi aurait été mise à l’abri à temps en 2025 dans des tunnels souterrain proche d’Ispahan qui n’avaient pas été touchés par les bombardements américains, a révélé une enquête du Monde, parue samedi 28 mars.
Autrement dit, aux yeux des Etats-Unis et d’Israël, il reste suffisamment de stocks «pour représenter une menace pour Israël et la sécurité internationale», estime Shahin Modarres, spécialiste de l’Iran à l’International Team for the Study of Security (ITSS) Verona.
Et Donald Trump serait tenté de sauter sur une occasion de trouver un but clairement identifiable à cette guerre, «alors que sa stratégie initiale a échoué car il n’avait pas du tout imaginé que l’Iran n’accepterait pas de capituler et de signer au bas de son accord de paix», assure Christian Emery, spécialiste des relations internationales et du programme nucléaire iranien à l’University College de Londres.
Une opération pour s’emparer de ces stocks «permettrait, si elle était couronnée de succès, d’offrir une porte de sortie à Donald Trump qui pourrait en profiter pour déclarer que la guerre est terminée», précise Clive Jones, Directeur de l’Institute for Middle Eastern and Islamic Studies de l’université de Durham (Royaume-Uni). D’autant plus que l’entourage du président lui aurait «vendu» une opération rapide, souligne le Wall Street Journal.
P. Zehr













































